Précédentes expositions issues de nos travaux de recherche

Exposition Serge, Aldo, Ida, Ezio et les autres
Et vous, si vous étiez un arbre, lequel seriez-vous ?
L’été 2025, A.R.C.A.D.E. vous proposait de vous abriter place du Dr Humbert sous l’ombre majestueuse de la famille Fiorio.
Des personnalités hautes en couleur, ouvrières, sportives et artistes, qui avaient incarné toutes les facettes du mot culture. Des leur surgissement au vieux bourg à la poursuite de leur destin sur les routes des Hautes-Alpes, une fresque sous forme d’un portrait chinois, véritable anthologie de leur passage à Taninges.













Avant nous
L’agglomération est située sur une ancienne route secondaire reliant Genève à la vallée du Giffre, qui menait également vers la haute vallée de l’Arve. La première trace d’activité humaine identifiée est une hache en pierre polie, conservée au Musée d’Annecy. Datée du néolithique final, cet outil suggère la présence d’une population probablement nomade. La découverte d’une pièce de monnaie dans le hameau des Montants, frappée sous le règne de l’empereur Sévère (204-222), indique qu’un habitat permanent existait à cette époque, notamment à Mélan (Villa Mediolanum), qui deviendra par la suite une villa princière avec dépendances et chapelle.
Pendant un certain temps, le Faucigny était administré depuis le château de Châtillon, où grandit Béatrice de Savoie. La vue imprenable sur la plaine de Mélan depuis ses murailles marqua profondément son esprit. Le 12 avril 1285, elle prit la décision de fonder une Chartreuse pour accueillir, dans un premier temps, la dépouille de son fils unique Jean, puis, par la suite, pour y passer ses vieux jours. Les travaux du premier couvent de femmes du Faucigny furent achevés en 1288, accueillant 40 moniales et 7 chartreux. Béatrice fit également entourer le lieu d’une enceinte de plus de cent hectares.
Un incendie survenu en 1528 entraîna la reconstruction du cloître dans le style gothique flamboyant, suivi d’un agrandissement à la fin du XVIIe siècle. À son apogée, l’enclos de Mélan comprenait trois bâtiments rustiques, une maison de maître, l’ancien logis des pères, deux églises, un couvent avec cloître à deux étages, une maison avec deux moulins, un four, deux greniers, une scierie et un jardin.
Après que le Faucigny est revenu par alliance au Dauphin du Viennois, un inventaire de ses biens fut établi en 1339 en vue de sa vente au roi de France. Il précisait que la paroisse de Flérier, regroupant 482 feux, comprenait les villages de Jutteninges-le-Petit, Pierre, Les Essertats, Arsonnex, Cellières, Lovagnier, Cravarin, Mortier, Grand Marvel, Petit Marvel, Avignières, Crozet, Cuvin, de Suets, Marcelly, Taninges, Leschaux, Les Combes, Nant, Fry, Gélinges, Avonnex, La Pallud, Plonnex, Verney, Mont, Verdevant, Jutteninges, Nicodex, Les Montées et Plaignes.
Pour contenir ses ambitions expansionnistes vers le pays de Gex, le Comte Vert obtint, grâce au traité de Paris de 1355, la possession des 14 châtellenies de la baronnie du Faucigny. Au même siècle, par mandement de Châtillon, la paroisse de Flérier fit construire une église pour ses 2000 habitants. Le bourg de Taninges, situé à la croisée de deux routes principales et exploitant la force du Foron, se développa le long des berges du vieux pont, attirant de nombreux artisans et négociants. En 1457, des franchises instaurèrent un marché le jeudi ainsi que des foires les 30 novembre et 24 août ; en 1598, deux foires supplémentaires furent ajoutées, le 6 janvier (Épiphanie) et le 22 juillet. On y commerçait des produits agricoles, du bétail, des ardoises de Morzine, ainsi que des faux et du cuivre. Le commerce s’organisa également autour des auberges. Sainte Anne, protectrice des tailleurs, tisserands, vendeurs de linge, orfèvres, ébénistes, menuisiers et mineurs, donna lieu à l’érection d’une chapelle en son honneur en 1583. Le bourg devint alors le centre économique du Faucigny, servant aussi de relais pour le colportage.
Élevé au rang de comté en 1700, le fief intégra le Royaume de Piémont-Sardaigne en 1718. Après avoir racheté ses droits féodaux en 1762, les bourgeois de Taninges intensifièrent leur activité commerciale. En 1771, la force hydraulique faisait fonctionner à Taninges 14 moulins, 3 scieries, 5 battoirs, un foulon et 3 forges. En 1790, 14 ateliers horlogers fournissaient à Cluses des mouvements assemblés à Genève. Entre 1792 et 1815, la région fut temporairement annexée à la République puis à l’Empire napoléonien. En 1820, la fabrication de peignes en laiton commença. En 1825, la nouvelle église paroissiale Saint-Jean-Baptiste fut édifiée, tandis que l’exploitation de la houille fut envisagée. Par ailleurs, une nouvelle route reliant Genève à Sixt fut tracée pour améliorer la connectivité.
Evolution de la population de Taninges
| 1793 | 1800 | 1806 | 1822 | 1838 | 1848 | 1858 | 1861 | 1866 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2 254 | 2 671 | 2 684 | 3 257 | 3 020 | 3 188 | 2 736 | 2 765 | 2 640 |
| 1872 | 1876 | 1881 | 1886 | 1891 | 1896 | 1901 | 1906 | 1911 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2 457 | 2 397 | 2 253 | 2 302 | 2 197 | 2 203 | 2 249 | 2 225 | 2 144 |
| 1921 | 1926 | 1931 | 1936 | 1946 | 1954 | 1962 | 1968 | 1975 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 913 | 1 925 | 2 072 | 1 970 | 1 926 | 2 028 | 1 969 | 2 109 | 2 354 |
| 1982 | 1990 | 1999 | 2006 | 2011 | 2016 | 2020 | – | – |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| 2 682 | 2 791 | 3 140 | 3 394 | 3 381 | 3 406 | 3 429 | – | – |

